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Nos 06:

Posts by Stéphanie

4 mois plus tôt
jeudi 14 décembre
nous spank :

au revoir là haut

Pour  FUIR le froid de l’hiver, rien de tel que les salles obscures. Petite pépite, Au Revoir Là Haut, est sorti il y a un mois et demi : dépêchez-vous !


~ la critique ciné du jeudi ~

Pas de bande-annonce ici, et c’est volontaire, bien que celle-ci ne soit pas coupable – comme parfois – de dévoiler tout le film. Ce serait impossible : les rebondissements sont nombreux, et le scénario riche en aventures. L’histoire débute dans les tranchées, alors que la fin de la première guerre mondiale est annoncée aux soldats. Le calme ne revient pas pour autant. Le retour à la vie n’est pas de tout repos pour Edouard Péricourt et Albert Maillard (Albert Dupontel), deux compagnons d’infortune, amenés à faire un bout de route ensemble. Alors que le premier se remet petit à petit de la guerre qui l’a fortement blessé, le second, ancien comptable, tente tant bien que mal de gagner son pain. Accompagnés d’une jeune voisine, ils vont développer une idée – d’un génie tout relatif – pour faire fortune. Les péripéties s’enchaînent, sans qu’il n’y ait toutefois de lourdeurs ou d’illogismes. Comme il se dit parfois, on passe du rire aux larmes – ou plutôt, dans l’ordre, des larmes aux rires aux larmes aux rires. Même les plus stoïques se laisseront toucher. Le script repose sur « Au Revoir Là Haut », un roman picaresque de Pierre Lemaitre paru en

La suite logique était donc une adaptation cinématographique. Et Albert Dupontel, qui réalise le film – y a mis les moyens. Faisant lecture de l’histoire tel un conte fantasque, il a élaboré une palette visuelle franche : les masques et les costumes surtout, les intérieurs des maisons, le Paris des années 20, ont une allure mystique. La fresque est extrêmement riche, empruntant aux univers du théâtre et du cirque et à l’esthétique des années folles.

Brillant tour de maître, pour un sujet – la post Ière guerre et les gueules cassées – sensible mais vu et revu. Inutile de trop chercher à en savoir sur le film, ou de trop en dire : il faut savoir se laisser surprendre. Aussi, une belle célébration du cinéma : à la française, oui, c’est encore possible ! Alors pour les prédictions, au moins quelques nominations (soyons prudents) aux prochains césars : catégories : meilleure adaptation, meilleurs costumes, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur jeune espoir masculin pour Nahuel Perez, Biscayart, qui joue ici Edouard Péricourt, mais qui incarne aussi le personnage principal de 120 battement par minute, définitivement un acteur à suivre.

Le jeudi 14 décembre 2017 dans cinéma.
    
au revoir là haut
5 mois plus tôt
jeudi 16 novembre
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toutes ces nuits blanches


« Un mec a calculé que si on combinait toutes les expériences de la vie et qu’on les rassemblait en une seule fois, on finirait par regarder un feu d’artifice PENDANT quatre jours d’affilée. »

~ la critique ciné du jeudi ~

Krzystof Baginski, Michał Huszcza, et leur bande cherchent à tuer l’ennui à tout prix, en recherche réthorique et égoïste de leur amusement personnel, pour mieux fuir l’angoisse existentielle. All the Slepless Nights est une plongée dans le Varsovie nocturne, sur les pas, pas toujours très coordonnés, de deux étudiants en art, véritables oiseaux de nuit. Autant que la fête et la liberté vivent au rythme des musiques éléctro, s’éteint lentement leur jeunesse, période dont ils cherchent tant – comment – en garder le souvenir. Le reste n’est qu’un ballet. Krzystof danse entre les voitures, dans son appartement, dans les raves, avec Monika son ex, avec  Eva, sa nouvelle copine. Fan de scénarii alambiqués, affutés et rocambolesques s’abstenir. Ici, il n’y a que la vie. Et elle se résume aux soirées, aux déambulations dans la capitale polonaise, révélée par toutes ses architectures, qui, d’ordinaire à la mode d’un communisme froid, n’ont jamais semblé aussi splendides.

Il est là, le souffle de la nouvelle vague, penser Rivette et Truffaut, Garrel (père), dans cette jeunesse mourante qui lancine ses vivants.

La drogue, l’alcool, l’amour, font tenir à Krzystof et Michał des propos, tantôt drôles, tantôt graves. Les deux potes, qui jouent leur propre rôle, sont bien moins sages que leurs ainés français Antoine, Jules, et Jim, dans cette époque dorée et dans l’or des aubes polonaises.

Les héros du film, tourné en 2014 et 2015, sont nés dans les premières années de la liberté retrouvée, après la chute du communisme. Ils ont donc fêté leurs 25 ans juste avant l’arrivée au pouvoir du parti nationaliste « Droit et Justice », avec qui déjà, l’ambiance a changé. A une époque aussi où Varsovie reste financièrement accessible : on peut vivre dans le centre ville, avoir un travail, et du temps libre.

La frontière entre la fiction et le réel est minime, PARFOIS inexistante.

Michał Marczak, le réalisateur, est parti à la rencontre de jeunes au hasard des cafés, des soirées. Jusqu’à ce qu’il croise la route de Krzystof, Michał et leur groupe d’amis. Il leur propose son projet, ils acceptent. Pour le réalisateur, ils racontent les évènements qui ont marqué leur vie récemment : ils seront autant de moments à tourner. En effet, durant un an et demi, ils ont  rejoué des moments qui leurs étaient arrivés quelques mois, semaines, auparavant. Le film se ré-invente sans cesse. Michał Marczak fait des esquisses de montage toutes les deux semaines. Il réunit ses acteurs – non professionnels donc – définit avec eux des scènes à venir. Mais rien n’est joué : les idées sont évoquées, les orientations données, mais certains dialogues sont improvisés, les soirées authentiques. Les appartements sont ceux des protagonistes, les gens autour sont eux-mêmes, n’ayant même pas conscience d’être filmés. La réussite du long-métrage tient aussi à Krzystof, qui a résolument une « gueule », une personnalité dense, grave et légère, semblant toujours seul et solitaire parmi les foules de danseurs.

 

Déclaration à la jeunesse, à la ville de Varsovie, à la musique électro aussi, le long métrage est comme un souffle sur la mer, peut-être suffisamment puissant pour former bientôt une nouvelle (Nouvelle) vague. En attendant d’aller surfer sur celle-ci, vous aurez l’envie immense d’aller trainer dans les nuits et les petits jours de votre ville.

Malheureusement pas (encore ?) en salle, le film est téléchargeable en version sous-titrée Anglais sur Itunes et Amazon.

Le jeudi 16 novembre 2017 dans cinéma.
toutes ces nuits blanches
5 mois plus tôt
jeudi 2 novembre
nous spank :

la mise à mort du cerf sacré

Mise à mort du cerf sacré, le dernier long métrage de Yorgos Lanthimos, sort en salle ce mercredi. Plébiscité à Cannes, où il a obtenu le Prix du scènario, le film opère comme une plongée lancinante dans l’univers médical lié au destin de la famille Murphy.

~ la critique ciné du jeudi ~

Les jalons du film sont posés dès ses premières scènes. Celui si s’ouvre sur une opération à cœur ouvert, filmée de manière âprement esthétique. S’ensuit entre Steven, le chirurgien opérateur, et son anesthésiste, une conversation insignifiante sur les bracelets de montre, nécessaire retour à la banalité des choses après des heures passées en souffle court, dans l’espoir de préserver la vie.

Puis Steven se rend à l’un de ses rendez-vous régulier avec Martin. Le jeune garçon est le fils d’un de ses anciens patients décédé au court d’une opération, dans des circonstances assez troubles. Du haut de ses 16 ans, l’adolescent apparaît rapidement être très sûr de lui. Depuis six mois, il s’est rapproché du chirurgien, jusqu’à devenir trop proche de ce dernier.

Il réussit à s’intégrer dans sa famille, après que Steven lui ait proposé de la lui présenter. Les Murphy présentent un tableau parfait : Kim s’essaie au chant choral, Bob rêve à son futur piano, Anna, ophtalmologiste, mère de famille rangée et docile, campée par Nicole Kidman, entretient les conversations sans fond. La famille bourgeoise et aisée apprécie vite Martin, surtout Kim qui du haut de ses 14 ans, guette ses premiers émois adolescents.

Chaque apparition de Martin, joué par Barry Keoghan, provoque le malaise. Le jeune homme a un regard inquisiteur, insistant, un air malsain, et surtout, il est partout. Il téléphone régulièrement à Steven, l’attend à l’hôpital. L’embarras est total lorsqu’il le force à venir dîner chez lui et que la mère de l’adolescent se lance dans un numéro de séduction mal configuré, Martin insiste ensuite auprès du chirurgien argumentant sur la beauté de sa mère.

A demi-mots, Martin révèle sa dangereuse prophétie : puisque son père est mort de la responsabilité de Steven Murphy, celui-ci devra sacrifier l’un des membres de sa famille. S’il ne parvient pas à se décider, chacun des quatre membres de sa famille s’éteindra, à petit feux et selon un plan détaillé en 4 phases. Telle sera la vengeance de Martin. Ce qu’on avait – à demi-pensées – déjà soupçonné, est exposé de manière brutale. A partir de là, Martin met son plan machiavélique à exécution, si tant est qu’il y en est un, car ce plan est impalpable, invisible, voir finalement inexistant. Si tout se déroule comme il avait prévu : Bob, puis Kim deviennent l’un après l’autre paralysés des jambes, rien n’explique, douce torture psychologique, le pouvoir que Martin a réellement sur la réalisation de cette prophétie.

Steven, qui raisonne uniquement scientifiquement, cherche absolument à trouver des solutions pragmatiques, jusqu’à convoquer des experts réputés pour se prononcer sur les cas de ses enfants, qu’il assimile à des défaillances neurologiques, sans qu’aucun examen ne révèle quoique ce soit. La médecine occupe une place telle au sein de la famille que l’idée de ne pas trouver de solution fait feu de toute la tempérance de Steven, brillamment habité par Collin Farrel. Le portrait de la famille parfaite s’étiole. Anna mène une enquête sur son mari, quitte à se soumettre aux fantasmes de ceux qui peuvent lui fournir quelques indices. Kim se dit prête, telle Iphigénie, alors même que le film s’inspire de cette mythologie grecque, à se sacrifier pour sa famille.  Steven se pare d’une folie psychologique presque perverse qui se concrétise crescendo, du fait de séquestrer Martin, inlassablement et de plus en plus présent jusqu’à ….

La réalisation est brillante. L’esthétique, tant visuellement, qu’à l’écoute et aux choix des nombreuses symphonies et autres extraits de musique classique rendent beaux des univers teintés de peur et de noirceur : ceux de la médecine physique et psychologique. Le malaise est total. Mais malheureusement, cette réussite est en décalage avec un scénario pas assez développé et ainsi frustrant. Si le réalisateur grec Lanthimos s’amuse à fissurer l’image d’une famille, à jouer de la médecine, et de la personnalité abjecte d’un jeune adolescent, il ne parvient toutefois pas à exploiter toute la psychologie des personnages, à développer les jeux de manipulation et pouvoirs qui pourraient s’opérer.

Le jeudi 2 novembre 2017 dans cinéma.
la mise à mort du cerf sacré
6 mois plus tôt
vendredi 20 octobre
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Téhéran tabou : le souffle étouffé de la vie iranienne

 

Un homme intègre

Le régime iranien préfèrerait que ce qui se passe en Iran reste en Iran. Le cinéma, formidable moyen de communiquer sur un thème choisi au delà des frontières, est un domaine où le gouvernement applique aussi ce principe. Tout récemment, Mohammad Rasoulof, réalisateur iranien, s’est vu confisquer son passeport. Retenu par les autorités, il doit se rendre au parquet chargé des médias et de la culture. Il devra se justifier d’avoir osé produire et diffuser Un homme intègre, primé à Cannes par le prix Un certain regard. Il encourt jusqu’à six ans de prison. En effet, ce film dénonce le problème de la corruption en Iran avec l’histoire de Reza, pisciculteur, qui s’oppose au rachat de son terrain par une société privée. Plus le personnage avance dans le film, en essayant de solver de façon honnête ses problèmes, plus il se retrouve confronté à des soucis nouveaux et de plus en plus grands, provoqués par un réseau entier qui est passé sous le joug de la corruption. 

 

ACTUELLEMENT EN SALLES, AUTRE EXPRESSION DU CINEMA IRANIEN, TEHERAN TABOU EXPLORE LES RELATIONS SEXUELLES ET LE DESIR DE LIBERTÉ D’UNE SOCIETE DE MASQUES.

~ le point ciné du jeudi ~

Le film a été élaboré entre l’Allemagne et l’Autriche en utilisant la rotoscopie. Ce procédé du début du 20ème siècle consiste à filmer des acteurs en prise de vue réelle sur fond vert. Leurs mouvements et leurs formes sont traduits en dessins. Les décors animés de Téhéran ont été travaillés à part, à partir de vidéos et de clichés.

Se déroule un catalogue de personnages : une femme au foyer dont le mari refuse qu’elle travaille, une mère contrainte de se prostituer à la recherche d’un avenir pour son fils, et son plus fidèle client, un religieux, une jeune fille qui a perdu sa virginité avant le mariage avec un jeune DJ qui cherche à vivre de sa musique …

Dans l’immense capitale aux allures occidentales, la discrétion est de mise : se tenir la main en public, s’embrasser, boire de l’alcool, peut être considérés comme des délits. Il est recommander de bien se tenir bien et de ne pas frôler la marge, pour ne pas susciter les regards de travers des voisins, des collègues, de la famille. Mais chacun vit une histoire transgressive : un vaste jeu de dupe rythme la vie iranienne, parfois jusqu’à l’autocensure.

Ali Soozandeh, le réalisateur, livre une cruelle tirade sur l’inégalité sociale et l’oppression vis à vis des femmes, communiqué sur plusieurs tons : du plus grave au plus léger. Il montre les petites stratégies de dissimulation, qui opèrent également dans d’autres pays où la censure et les restrictions sont fortement présentes. Il ne cherche pas à blâmer ses compatriotes mais l’hypocrisie de la morale que chacun vante mais que personne ne respecte.

Alors s’approche t’on de la vérité ou le cinéaste, exilé à Cologne depuis 22 ans, exagère t’il le trait ? Les limites, la discrétion et la bonne tenue font parties de la culture persane. Du témoignage de la famille d’Ali Soozandeh et de ses amis restés sur place, malgré les progrès et les réalités contrastées en fonction que l’on habite dans tel ou tel quartier de Téhéran, la corruption et le poids cette morale (uniquement de façade donc) se sont aggravés. Depuis l’arrivée au pouvoir en 2013 de Hassan Rohani, plus modéré que le président précédent, l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, la police des mœurs s’est amoindrie, le foulard islamique est plus lache, et les femmes sont plus nombreuses à rejoindre les bancs de l’université. Imperceptible dans le film, l’espoir de lendemains qui chantent la liberté, bien que timide, persiste.

Le vendredi 20 octobre 2017 dans cinéma.
Téhéran tabou : le souffle étouffé de la vie iranienne
6 mois plus tôt
jeudi 19 octobre
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Krump & Cogitore, leçon d’opéra

 

LE KRUMP

En 1992 à Los Angeles, un procès avait acquitté des policiers blancs, qui avaient passé à tabac un automobiliste noir, Rodney King. Suite à cela, des émeutes raciales éclatèrent et les gamins des ghettos créèrent le KRUMP. La danse nerveuse, jouissive, pacifiste, possède un pouvoir libératoire. Si elle semble improvisée, elle possède des figures codifiées, inspirées des gestes des arrestations policières : le stomp, pas appuyés sur le sol, le arm swing, balance des bras, le chest post, élévation de la poitrine.

Le KRUMP vient – comme le hip-hop, son ainé – de la rue, du sol, mais reste assez confidentiel. Accompagné des chorégraphes Bintou Dembele, Igor Caruge et Brahim Rachiki, Clément Cogitore le porte sur les planches de l’Opéra Bastille et le révèle sur l’air de les Indes Galantes.

+ LES INDES GALANTES

Cet opéra-ballet, écrit par Jean-Phillipe Rameau en 1735 était destiné à divertir la cour insouciante et raffinée de Louis XV. Il nous emmène à travers la Perse et le Pérou, et l’Amérique du Sud, où se déroule la scène de Les Sauvages sur laquelle Clément Cogitore a choisi de travailler. Il s’agit d’une danse du calumet de la Paix. Jean-Philippe Rameau avait eu l’idée d’inclure cette partie dans son opéra à la suite d’une danse tribale qu’il avait vu jouée par des Indiens de Louisiane, à la Comédie Italienne à Paris en 1725.

+ CLEMENT COGITORE

Clément Cogitore a été formé aux Arts Décoratifs de Strasbourg, à la Fémis et à la Villa Médicis. Son premier long métrage – grandiose – mais passé inaperçu, Ni le ciel ni la terre  nous plonge dans un huis-clos au coeur d’une plaine perdue de l’Afghanistan. Le jeune artiste alsacien se plait à explorer des territoires reculés, à révéler l’inattendu dans ses installations et vidéos. Ces derniers  sont toujours ancrés dans un contexte et une histoire denses et singulières, sur lesquels il se documente énormément.

=

CETTE SUBLIME VIDEO

 

BONUS

Braguino ou la communauté impossible est le dernier projet de Clément Cogitore. Pour celui-ci, il s’est aventuré dans la taïga sibérienne. A 700 kilomètres de toute présence humaine il est allé à la rencontre de Sacha Braguine et sa famille, vivant en autarcie depuis quinze ans. Se faisant progressivement sa place, il capture par l’image les scènes de chasse, les escapades dans la nature, les jeux des enfants, les conversations. Petit à petit, il décèle le conflit inexplicable qui oppose les habitants orthodoxes Vieux-Croyants de cette enclave inconnue. A voir au BAL (Paris) jusqu’au 23 décembre.

© Clément Cogitore

 

 

 

 

 

Le jeudi 19 octobre 2017 dans Art, cinéma, spectacle.
      
Krump & Cogitore, leçon d’opéra
1 an plus tôt
vendredi 20 janvier
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Pologne ♥ France

CZEŚĆ. (salut – se prononce chèche, euh non tsèche, oups peut-être djèts ? oh, puis bref !).

Je vous parlais il y a quelque temps de graphisme polonais. Autre référence, très reconnue là bas : pas moins que mon ancien professeur loufoque Piotr Kunce.

Mais la Pologne aime la France – ou plutôt l’image qu’elle se fait de la France – et le lui sursurre à l’oreille en remixant Zaz en version métal, en boîte de nuit, passant tous les clips de Louane à la télé ou nommant des batîments Alain Delon.

Si vous allez en Pologne, vous déjeunerez surement dans les milks bars, les cantines des ouvriers sous la grande industrialisation. Dans des décors plus souvent rustiques que modernes vous mangerez des spécialités cuisinées façon grand-mère pour presque rien.

Le soir venu, le gosier asséché vous choisirez l’option « bar » de ces lieux issus du communisme (c’est maintenant plus une histoire de marketing), représentée dans les grandes villes par les fameux Pijalnia et Bania Luka.

Et dans chaque Bania Luka, les graphistes les plus avertis remarqueront, tout en redécouvrant la vodka grâce aux cocktails en shot, les tableaux présents sur les murs depuis 5 ans.

Ne voyez-vous pas une certaine ressemblance avec cette campagne pour le vermouth Dubonnet, proposée en 1935 ?

Et oui, il fut un temps où un explorateur polonais traversa l’Europe vers sa France bien-aimée… Il rapporta dans ses bagages le travail de Cassandre. Ce dernier est l’une des grandes figures du graphisme français. Et les racines d’Adolphe Mouron sont aussi à l’Est : il était ukrainien. Il étudia la peinture et le dessin en France et signa vite ses premiers contrats en tant que graphiste. Il est le créateur du fameux logo d’Yves Saint Laurent. Voici quelques une de ses réalisations transcendantes avant de vous souhaiter na zdrowie !

 

 

 

 

 

 

 

Le vendredi 20 janvier 2017 dans Mode.
        
Pologne ♥ France
1 an plus tôt
mercredi 11 janvier
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C’est beau, c’est belge !

KISS & CRY. 

C’est ce que tu faisais l’année dernière et ce que tu feras aussi cette année, en espérant que tu ne pleureras que de joie.

C’est aussi le nom donné à l’endroit – juste quelques chaises et éléments de déco se trouvent là –  où les patineurs artistiques attendent leurs notes, après leur performance, avec pour issue possible la joie et les kissous de congratulation qui vont avec ou les larmichettes de déception.

C’est enfin le nom d’un spectacle que j’ai vu un peu par hasard, et j’ai bien fais car cela reste le plus beau que j’ai jamais vu, si si !
Gisèle, une toute petite dame un peu âgée, regarde passer les trains et se souvient de gens et de trucs. Parfois, elle ne se souvient plus, tout tombe au fond des trous de mémoire.
Ce n’est pas vraiment une histoire rocambolesque, c’est même une histoire toute simple, celle de la vie. Une vie qui est absolument magnifiée par la mise en mots très poétique de l’écrivain Thomas Gunzig.

Michèle Anne de Mey, formée à l’école bruxelloise Mudra, fondée par Maurice Béjart, est une chorégraphe contemporaine. Toutefois, la partition n’a pas été écrite pour des corps, mais seulement pour des mains, des mains qui dansent dans des décors de l’ordre de l’infiniment petit, répartis sur la scène.

Tous ceux qui aiment la scénographie et le cinéma seront émerveillés de voir sous leurs yeux ces maquettes prendre vie grâce à quelques effets spéciaux imaginés notamment par Jaco Van Dormael, (cinéaste avec entre autres, Toto le Héros, caméra d’Or à Cannes en 1991 ou plus récemment le Tout Nouveau Testamentet de voir simultanément le résultat diffusé sur écran géant.

Un crew belge qui a su exporter son spectacle, Kiss and Cry a tourné pendant 5 ans à l’international. Il sera présenté à Londres au Barbican Mime festival, du 1er au 4 février.

Un crew belge qui a aussi eu envie de se renouveler : avec les mêmes ingrédients mais aussi quelques nouveautés (on voit par exemple danser d’autres parties du corps jusqu’à apercevoir un interprète en entier), ils lancent cette année Cold Blood, qui passera tout d’abord par la France et la Belgique. Très certainement un des petits bijoux de l’année 2017.

 

Le mercredi 11 janvier 2017 dans spectacle.
          
C’est beau, c’est belge !

What the F*ck Christmas !

Ils font kwa les autres pour Christmas ? Oui ca ne te servira à rien de le savoir, mais comme diraient tes remps, tu te coucheras moins bête ce soir !

Les Vénezueliens de Caracas aussi font du patin … à roulette : direction la church en rollers et interdit aux voitures. Quand aux mômes, ils accrochent une corde à leur orteil, assez longue pour aller jusqu’à la fenêtre afin que les rolleristes puissent tirer dessus pour les réveiller. Messe pour tous également aux Philippines, chaque jour à partir du 15 décembre et à 4 heures du matin ! On allume alors le parol, grande étoile lumineuse.

Test pour les femmes tchèques : le 24 au soir elles se mettent sur le seuil de la porte de la maison et dos à celle-ci elles lancent une chaussure par dessus leur épaule. Si la pompe retombe le talon au plus proche de la maison, déso ma belle, tu seras encore célib cette année !

Chez nos copains gallois, des chevaux morts se baladent de maison en maison pour chanter des poèmes – enfin pour quémander bières et bonbecs. Pas plus loin, une fève est glissée dans le Christmas pudding, en mode on se croit à l’Epiphanie. Quant aux Irlandais, ils laissent Guiness et whisky à disposition du père Noël.

Les portugais quant à eux laissent la table en plan après le repas, flemme de faire la vaisselle. Ou plutôt, juste au cas où ou quelques esprits et morts auraient envie de festoyer à leur tour pendant la nuit.
Au Japon, originalité extrême : repas chez KFC, surtout pour les expats qui faute de trouver de la dinde, se rabattent sur le poulet ! En Arménie, on reste simple, au menu traditionnel : poisson pané, salade et épinards. Les Islandais eux dégusteront avec plaisir la peau de baleine crue sur son lit de gras en repensant à leur 13 trolls-pères Noël farceurs qui piquent les bougies et les mets de fêtes. Trolls aussi en Grèce et passoires devant les maisons, les  » kallikantzaroi » cherchant à compter les trous de celles-ci restent en bug toute la nuit devant l’objet, car ils ne savent compter que jusqu’à deux.

« Chie buche, chie du turrón, des noisettes et du fromage frais, si tu n’expulses pas bien, on te donnera des coups de bâton, bûche qui crotte ! » Poétique chansonnette des catalans en l’honneur de leur Caga Tio, authentique buche de bois dressée sur pieds qu’on remplit de divers gourmandises et modestes cadeaux dès début décembre. Au 24, on la somme à coup de batons (à la mode pinata) de se vider de tout le contenu de ses entrailles.

Les Ukrainiens ornent leur sapins de toiles d’araignées et les Suédois utilisent la paille pour créer leurs décorations, étoiles, anges, et aussi le Julbukk, petites chèvres. Chez les Allemands, celui qui trouve le cornichon caché dans le sapin, gagne un cadeau supplémentaire.

Bon sinon de manière générale, on mange, on picole (avec modération), et on essaie parfois d’échapper à divers démons qui cherchent à voler des cadeaux et à effrayer les mauvais kids.

Si tu es un mec de la tendance, sache que la dernière trend pour toi lancée il y un an par les Gay Beards est de pailleter ta barbiche. So sexy la #glitterbeard.
Mesdemoiselles (ou ces messieurs à crinière), pas de souss’ pour vous, vos cheveux vous permettront d’avoir un sapin au sommet du crâne.
Tutos sur youtube babies.

Merry Christmas folks, et n’oubliez pas d’écouter Mariah (un classique but still lovely !).

Le vendredi 23 décembre 2016 dans Mode.
What the F*ck Christmas !
Spanked ?
1 an plus tôt
vendredi 25 novembre
nous spank :

Ton thé, Tatie, TATIl ôté ta toux ?

Non, non, je ne te parle pas de ma Tatie, quoique je te parlerai plus loin de Mon Oncle, mais de Tati, car avoue toi aussi tu y a déjà zoné, même pensé à y acheter quelque sapes, car comme le disait Aloons, plus c’est anti-fashion, plus c’est fashion.
15178259_10210405938361472_6111475281175863321_n68 ans de vente en vrac dans les bacs ! C’est Jules Ouaki qui a commencé, 50 mètres carré à Barbes, le surnom de sa mère Tita (de son prénom Esther) mais en verlan et boum l’empire des « plus bas prix » (slogan simple mais cash !) est lancé ! Tout d’abord des produits de base et du linge de maison, mais l’enseigne fait un pari en confiant à Azzedine Alaia une collection capsule en 1991 ! Celle-ci fait ses pages dans Vogue et Elle.15220124_10210405959441999_7757197355511619093_n A la suite de ce succès, Tati se positionne également sur le marché du prêt-à-porter mais l’enseigne perd de son souffle à la fin du XXème. Toutefois ses 25 boutiques sont rachetées en 2004 par le groupe Eram. C’est maintenant 129 magasins en France et 5 à l’étranger, des produits désormais rangés en rayon et même quelques joyeuses collaborations : Agnès B en mai dernier ou Christina Cordula pour ce Noël.

« Eyh ma cheyri, tou l’as vu là le motif sur les robes d’Azzedine Alaia ? Est-il pas magnifaique ? » Car oui, ce vichy est emblématique de la marque ! Mais il sera largement minimisé lorsqu’en 2013, sous l’impulsion de son nouveau PDG, Emmanuel Deroude, et avec l’aide de l’agence Lilloise C tout com, la communication graphique de la marque est quelque peu repensée. Mais si le logo passe du bleu au rose et perd son vichy donc, il n’est toutefois pas question de changer sa typo qui a bravé tant d’années.15134546_10210406102925586_5627693914720087063_n15095670_10210406099285495_2466619954514857640_n
Et pourtant, Romain Kourichi, tout jeune graphiste fraichement diplômé d’Intuit Lab a osé !
15129468_10210406118085965_3752847408460913140_o15110327_10210406118885985_5306913463732836635_o14876559_10210406119365997_453688523362216002_o15138365_10210406131446299_8095149742408941854_o

Tu croyais avoir en exclusivité mondiale la nouvelle com de Tati ? Déso mais cette refonte d’identité graphique est fictive ! Et là je vais te faire un truc génial (mais si, mais si). Tu vois cette image là, extraite du projet :15181598_10210406134686380_8073023589858657670_n

Maintenant, regarde cette image :15181222_10210406139206493_3629557578972600899_n

Ca ressemble un peu non ? Voilà, c’était la meilleure transition pour dire qu’en vrai j’avais trop envie de parler de Jacques Tati aussi ! Cette image est issue du film Playtime mais il y aussi Mon Oncle (nous y voilà), Jour de fête, etc etc ! Esthétique sonore et visuelle de génie, éloge de l’architecture moderne, poésie de la vie, joie pour la rétine, bondissement de ton coeur de cinéphile ! Je pense qu’il est inutile de le présenter ! Alors je te glisse ici quelques chouettes affiches de ses différents films, illustrées par David Merveille. Alors bon shopping, bon film, et bons baisers de Tatie!15219405_10210406177967462_6892004751812531420_n15203402_10210406172367322_8085246015026808263_n15171178_10210406170287270_7846562269546943491_n15107197_10210406158246969_5410512737067464048_n15230670_10210406155806908_4452472513560239203_n15109581_10210406155406898_7754294452777075604_n

 

Le vendredi 25 novembre 2016 dans Mode.
      
Ton thé, Tatie, TATIl ôté ta toux ?